Fluicity, l’appli porte-voix des citoyens !

juliebioRendre la participation citoyenne aussi simple et naturelle que prendre son café ou sa douche le matin, voilà la mission que s’est donnée Julie de Pimodan. En lançant Fluicity, une appli facilitant le dialogue entre les citoyens et les élus, la jeune femme souhaite redonner à tous le goût de l’implication dans la vie politique. Et cela semble fonctionner : présente en France et en Belgique, l’application séduit de plus en plus les jeunes !

Rencontre avec une entrepreneure déterminée à mettre les nouvelles technologies au service de la démocratie !

« Notre démocratie n’est pas dépassée. Elle a juste besoin d’une grosse mise à jour! »

Bonjour Julie, pouvez-vous nous présenter Fluicity ?

Fluicity est une plateforme qui a pour vocation de réinventer l’engagement citoyen. L’idée est de rendre l’action citoyenne simple, accessible et résolument efficace en créant les conditions d’un dialogue naturel entre les citoyens et les élus.  Moins d’idéologie et plus d’actions concrètes en somme.

Quelle est la genèse de cette aventure ?

L’aventure Flucity est née d’un constat : si la plupart d’entre nous se  désintéressent de la politique, c’est que nous doutons de l’impact de nos opinions et avons, bien trop souvent, l’impression de ne pas être entendus, encore moins écoutés. Pour les plus motivés, exercer pleinement son statut de citoyen n’est pas forcément une évidence. Bien sûr, nous avons la possibilité d’attendre les élections pour aller voter, de lancer ou signer des pétitions ou d’aller dans la rue pour manifester. Mais il est légitime de se questionner sur  l’utilité et l’efficacité réelle de ces actions plutôt chronophages et souvent laborieuses.

Comment fonctionne Fluicity ?

L’application mobile est conçue comme une place de marché où nous faisons se rencontrer l’offre et la demande. Grâce à cet outil, n’importe qui parmi nous peut déposer une idée ou interpeller un décideur politique.

De leur côté, les élus peuvent consulter les habitants sur des projets très concrets, ce qui leur permet de gagner en efficacité dans leurs prises de décision. Ils peuvent créer des sondages, consulter directement leurs électeurs. Ils ont aussi accès à la cartographie de tous les participants et à leur âge moyen. Autant de données qui leur permettent de comprendre nos envies, nos aspirations.

Du côté utilisateurs, ils peuvent télécharger l’application pour proposer leurs idées, voter pour ou contre d’autres projets en cours sur nos territoires, échanger directement avec nos représentants ou encore répondre à des sondages.

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Quel a été votre déclic pour vous lancer ?

J’ai commencé à travailler comme journaliste avant de plonger dans l’univers de la « civic tech ». À 22 ans,  je me suis envolée pour Dubaï où j’ai travaillé pour la BBC. Puis je me suis installée au Yémen où j’ai appris l’arabe et fondé l’hebdomadaire Yemen Today. De retour à Paris, je suis entrée chez Google où j’ai travaillé comme responsable d’une équipe de vente ciblant les pays émergeants.

C’était le moment où Istanbul connaissait une grosse crise politique. Et en dépit de la révolte du peuple, les dirigeants ne bougeaient pas. En même temps, ici en France, émergeaient les mouvements comme Nuits Debout et Les Indignés.

Ces événements accompagnés du leitmotiv Google « toute décision doit être accompagnée de données » m’ont permis de mûrir l’idée que les pratiques de gouvernance devaient être redéfinies et que les nouvelles technologies avaient un rôle à jouer dans ce processus.

En effet, si des organisations privées utilisent les données pour mieux adapter leurs solutions, pourquoi les organismes publics ne pourraient-ils pas faire de même ? On sait que quand une décision est prise de manière concertée et inclusive, elle est plus acceptée et donc plus efficace sur le long terme.

Je me suis dit que cette technologie mise en place chez Google pouvait servir une cause plus grande, comme la démocratie.

Comment avez-vous réussi à rendre votre start-up viable ? Quels sont vos leviers financiers ?

Quand j’ai voulu me lancer, j’ai posé une année sabbatique chez Google, pour me protéger au cas où ça ne marcherait pas.

J’avais quelques économies et j’ai fait l’apport initial de ma poche. J’ai rencontré mon associé et en 2016 nous avons fait une levée de fonds d’un million d’euros avec des business angels belges et français. Nous sommes actuellement en train de préparer notre deuxième levée de fonds.

Quant à notre modèle économique, il est simple.

Chaque ville paye entre 500 et 3 000 euros par mois pour disposer des résultats des sondages thématiques adressés aux citoyens, de la boite à idées, du tableau de bord intelligent et des autres outils de l’appli. Le service est gratuit pour les utilisateurs. Les données personnelles récoltées sont protégées, c’est l’une des conditions les plus importantes pour nous.

Les co-fondateurs de Fluicity (John Meiss, Julie de Pimodan, Nicolas de Briey)
Les co-fondateurs de Fluicity – John Meiss – Julie de Pimodan – Nicolas de Briey

Quel est votre objectif dans les 5 prochaines années ?

Notre vision c’est  que Fluicity permette à la participation citoyenne de devenir un geste naturel et habituel, comme prendre un café ou sa douche le matin.

Notre idée est aussi de nous étendre au niveau européen afin de devenir la plateforme de consultation citoyenne européenne la plus utilisée. Nous avons un focus très fort sur les utilisateurs parce que nous avons beaucoup de concurrents qui travaillent seulement sur l’outil pour les élus.

Nous souhaitons démontrer que sans participation citoyenne ces outils ne servent à rien. C’est l’acquisition et la fidélisation d’utilisateurs qui sont essentielles pour nous aujourd’hui.

Quels sont les retours des usagers de l’appli ?

Nous avons beaucoup de retours, notamment des early adopters qui nous sollicitent et nous challengent sur différents points. On nous pose aussi de nombreuses questions quant au cycle de vie des idées : une fois postée, que devient-elle ? Comment peut-on s’assurer qu’elle ne sera pas oubliée ? Sous combien de temps peut-on espérer une réponse ?

Autant de points qui rendent difficiles l’élaboration d’une charte unique. Car nous ne pouvons pas forcer nos clients (les élus) à changer des habitudes qu’ils ont héritées de leurs organisations précédentes. Nous devons poser un cadre rassurant pour les citoyens qui utilisent l’application. Il nous est donc primordial d’avoir des retours et de les prendre en compte pour améliorer nos services.

Quel est ton conseil pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ?

Pour se lancer il est important de ne pas être paralysé par la peur de l’échec. En effet, le seul véritable risque, c’est de se retrouver à regretter de ne pas avoir tenté sa chance, de ne pas s’être lancé, de ne pas avoir osé essayer.

Nos sociétés diabolisent l’échec. Nous avons peur d’échouer parce qu’on a l’impression qu’on a tout à perdre. Selon moi, tenter de réaliser ses rêves et se lancer dans l’aventure, c’est avant tout l’opportunité d’apprendre beaucoup sur nous même, sur notre entourage et sur une situation.

Un mot pour conclure ?

Internet et les nouvelles technologies nous permettent de transformer en profondeur nos modes de travail et de collaboration.

De plus en plus d’organisations misent sur des processus opératoires horizontaux, favorisent le dialogue et la transparence dans un but affiché d’améliorer leurs performances sur le long terme.

Après avoir longtemps ignoré ces changements, la sphère publique amorce actuellement son virage vers une gouvernance moderne, en phase avec les besoins et attentes des citoyens.

Fluicity répond  directement à ces nouveaux enjeux et accompagne les décideurs et citoyens de demain vers un nouveau mode de décision plus ouvert, plus participatif et plus responsable.

Propos recueillis par Lucille Betrancourt. Toute l’équipe de Youth We Can ! te remercie vivement pour ces infos et ces conseils. Bon courage pour la suite de l’aventure !

Bonus des optimistes!

Pour découvrir l’appli c’est ici!

Pour en savoir plus sur Julie de Pimodan – Son parcours, ses convictions, Fluicity …

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