Pour son lancement, le réseau féminin « Elles ! Les Audacieuses » met le cap sur Israël

Israël est une destination aussi surprenante qu’inattendue pour le lancement du réseau féminin « Elles ! Les Audacieuses ». Retour sur le premier voyage de ces actrices du changement bien décidées à agir dans le sens de l’intérêt général et à faire bouger les lignes. 

ATLAN
Virginie Atlan

Notre démocratie est rongée de l’intérieur par une déflagration sociale continue et beaucoup de citoyennes se sentent profondément dépourvues face à une machine qui semble s’emballer sans elles. Suite à ce constat, et au lendemain du Grand Débat national de janvier 2019, Virginie Atlan – Directrice de la Maison de la Métropole Nice Côte d’Azur – s’interroge. Elle constate que la représentation des femmes au sein des débats relève pour une large part de la mise en scène du féminin. « À l’issu du Grand Débat national, dans l’ensemble, j’ai eu l’impression que nous les femmes, pourtant expertes dans de nombreux domaines, n’étions pas suffisamment représentées. »

Un appel à toutes les femmes issues de la société civile

Forte de ce constat, elle décide de lancer une invitation, via les réseaux sociaux, à toutes ses consœurs, issues de la société civile, qui souhaitent se rassembler et s’engager pour agir dans le sens de l’intérêt général. « L’idée de se constituer en réseau est une façon d’avoir plus d’impact dans nos régions et de nous offrir la possibilité de devenir, chacune à notre échelle, de véritables actrices du changement, » affirme Virginie Atlan.

Les retours sont immédiats, des centaines de femmes d’horizons professionnels et géographiques différents, dont des personnalités connues du grand public, s’inscrivent spontanément. Toutes ont en commun l’envie de faire bouger les lignes. Le réseau Elles ! Les Audacieuses est né.

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Elles! Les Audacieuses sur i24news

Cap sur Israël

Rebelle à une définition univoque, l’audace se laisse approcher par plusieurs biais. Le réseau identifie différents axes pour agir et essaimer, à l’instar de la culture, l’éducation, la santé et l’innovation. Mais, pour être en mesure d’embrasser des problématiques aussi diverses, s’imprégner de la complexité du monde est indispensable. Dans ce contexte, le voyage est légitime, d’autant que le réseau se veut être celui de l’ouverture. Aussi, pour leur premier voyage, les audacieuses décident de mettre le cap sur Israël, malgré la part de risque inhérent à ce choix de destination.  Au-delà des préjugés, il leur apparaît pertinent de comprendre comment, au cœur d’un environnement hostile, au milieu de terres quasi-désertiques, en 70 ans, ce pays – qui représente à peine deux départements français – a parcouru un chemin singulier, sous le signe des défis à relever.

Cultiver le réalisme et le goût du futur

Première étape pour les audacieuses, comprendre pourquoi Israël, qui s’est construit dans une logique sécuritaire, se redéfinit d’abord comme une start-up nation. Ici, le gouvernement mène une politique volontariste dans le domaine de la recherche et du développement, et les enfants sont familiarisés à la technologie dès leur plus jeune âge. S’ajoute à cela la valorisation continue de la prise de risque, avec notamment une culture forte de l’entrepreneuriat, mais aussi le service militaire. En effet, l’armée peut être l’opportunité de suivre des formations pointues dans le domaine des nouvelles technologies ou de l’électronique.  Tous ces éléments constitueraient une partie des facteurs du succès d’Israël qui s’impose aujourd’hui comme une véritable start-up nation. Le pays se distingue dans plusieurs domaines clefs pour les générations futures, comme celui de la cyber-sécurité, de l’intelligence artificielle, de l’e.santé, en passant par les GreenTech. Ainsi, moteur d’innovation et à la pointe des nouvelles technologies, Israël participe de façon concrète à la construction du monde de demain.

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MasterClass avec les élèves du lycée Mikvé Israël

 

Ce goût du futur est partagé par l’ensemble de la population, y compris par la jeunesse. Ici, il semblerait que le discours anxiogène et alarmiste qui mobilise une partie des jeunes dans un certain nombre de pays, ne trouve pas, sinon peu d’échos. Au contact des élèves de l’internat du Lycée Franco-Israélien Mikvé Israël, la question de l’écologie est abordée. Sur place, le constat est sans appel. « L’écologie doit être au cœur de tout, mais pour être efficace, elle exige une vision réaliste et positive du monde de demain ! » affirme un élève de terminale. Les jeunes israéliens, sont convaincus que le génie humain permettra de résoudre bon nombre des maux de notre époque. Tous s’inscrivent sur le terrain de l’écologie positive, celle qui voit l’avenir à travers le prisme du progrès, de l’intelligence, de la technologie et de l’entreprise.

S’adapter, un état d’esprit

Pour illustrer cet état d’esprit assoiffé d’avenir, il est indispensable de saisir la réalité de ce pays. À titre d’exemple, Israël avec son milieu semi-aride, n’a eu d’autre possibilité que de chercher des solutions pour remédier au manque chronique de précipitation. La sècheresse a obligé le pays à devenir champion en matière de recyclage des eaux usées. Aujourd’hui, près de 90 % des eaux usées domestiques rejetées par ses villes et villages sont traitées, purifiées et recyclées, dont 55 % pour irriguer les terres agricoles. Un point inspirant pour la France, encore à la traîne sur ce sujet.

Résilience & survie

Direction le mémorial de Yad Vashem, construit en mémoire des victimes juives de la Shoah. Est-il nécessaire de rappeler que ce « hurlement d’abandon de l’homme par l’homme* » connaît, de nos jours, du Rwanda à la Yougoslavie, en passant par la Birmanie, ou encore l’Irak et la Syrie, de nombreux avatars ? La tragédie et l’horreur de la Shoah, met en évidence une problématique universelle : la banalité du mal. Le devoir de mémoire s’impose aujourd’hui plus que jamais, et le réseau compte bien soutenir un maximum d’initiatives citoyennes au service de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

fda20bc1-16f7-4d33-8dbb-c60236230429Changement de décor, pour se rapprocher de la vibrante Tel-Aviv. Au Wolfson Medical Center, une unité cardiaque, qui fait partie de l’organisation humanitaire Save a Child’s Heart, sauve des enfants de tous les horizons. Elle leur fournit notamment des traitements cardiaques vitaux quelle que soit leur religion, leur sexe ou leur nationalité. D’ailleurs, environ 50 % des enfants sont originaires de l’Autorité palestinienne, de Jordanie, d’Irak et du Maroc. « Nous n’avons pas de visée politique, mais si en sauvant des enfants, nous pouvons contribuer à combler le précipice entre les peuples, nous aurons gagné deux fois, » met en avant un membre de l’équipe médicale. 

Et si ensemble nous faisions preuve d’audace ?

A l’issue de ce déplacement à la fois fédérateur et inspirant pour les audacieuses, une question brûle toutes les lèvres. Comment incarner l’audace au féminin en France ? Virginie Atlan, qui souhaite mobiliser un maximum de femmes en tant qu’actrices du changement, nous met sur la voie : « Avec ce premier voyage, le réseau souhaite envoyer un signal fort. Il s’agit maintenant pour nous de démontrer par l’action qu’il est possible d’avoir de l’impact, quel que soit la situation et même dans un environnement difficile. » Le message est passé. Place à l’action !

*Didier Durmarque  (L’Âge d’homme, 2015)

 

Pour rejoindre le réseau Elles ! Les Audacieuses :

 

contact@elleslesaudacieuses.com

 

Le MANIFESTE par Sébastien Ménard*

« Le débat public comme une nouvelle forme de courage,
d’audace et de partage ! Femmes, je nous aime !

Au masculin je prends la plume pour « Elles ! Les audacieuses ». Oui,
oui je sais ce que les copains vont immédiatement penser de moi : Il
est en galère et il a été opportunément acheté́. Il se la raconte
encore une fois et il veut revenir dans le petit cirque media-télé. Il
n’est pas très clair et il a un truc à se faire pardonner avec la gente
féminine. Il est tellement sympathique dans la vraie vie que sa femme
l’a quitté́… Bref pour rassurer tout le monde, mêmes ceux qui ne me
veulent pas que du bien, sachez que je vais très bien, que j’assume
cette initiative altruiste, bénévole et sans arrière-pensées, de mon
vivant, en étant sain de corps (pour le moment) et d’esprit, le plus
possible!
Puisque la libération de ma parole tout le monde s’en fout je ne vais
pas parler de moi. Mais parce que la libération de la parole des
femmes et des hommes, des filles et des garçons, des petits et des
grands, des parents et des enfants, le mien aussi, des anonymes et
des puissants, est finalement une vraie bonne nouvelle, nous avons
toutes et tous des bonnes raisons de nous rassembler, d’agir tous
ensemble au service de l’une et de l’un (j’y tiens), de l’autre et des
autres.
En tapotant à ma porte, en me harcelant sur mon téléphone, les
audacieuses… Nous plus sérieusement, en plaçant l’intérêt général et
la culture au cœur de leur démarche, « Elles ! Les audacieuses »
m’ont et nous proposent de changer de regard sur la prise de
conscience au/du féminin, m’ont et nous embarquent dans une
aventure enthousiaste et optimiste résolument inclusive et, c’est
important pour moi, nous épargnent les logiques victimaires et
génères qui par des raccourcis de l’esprit orientes, certes à la mode
et je le sais parfois justifies par la dureté́ de la vie et les goujateries
de mes semblables, stigmatisent une moitié́ de notre chère et belle
humanité́ (j’en suis, est-il utile de le préciser, sans être un goujat).
De plus, en partageant une vision généreuse de notre monde, en
repoussant les frontières sociales, géographiques et économiques,
en conjuguant les expériences et les talents au présent, en facilitant
les rencontres, les échanges et les prises de paroles, en faisant tout
simplement le vœu (pas pieux) de faire bouger les choses pour tous
et partout, « Elles ! Les audacieuses » méritent notre écoute, notre
présence et notre soutien.
Alors pourquoi agir ?
« Elles ! Les audacieuses », ont, fortes de leurs histoires, de leurs
réussites, de leurs visions, de leurs engagements, elles aussi des choses
à dire et surtout des choses à apporter au débat public et privé, dans
notre monde libéré́ de quelques connards, et civilisé, c’est heureux, par
les réseaux sociaux.
Au nom de quoi agir ?
« Elles ! Les audacieuses », n’agissent pas pour les femmes, enfin pas
que, mais aussi pour nous les hommes, et pour la société́ dans son
ensemble. Certes, elles pourraient se contenter de converser entre elles,
mais pour être honnête, je me dis qu’elles peuvent, à la marge avoir
besoin de tous, et de nous les hommes en particulier.
Comment agir ?
« Elles ! Les audacieuses » font de la culture un vecteur de connaissance,
de réconciliation (je ne suis pas fâché) et de dialogue entre les citoyens.
Elles créent des ponts culturels à Avignon (elle est facile), Paris et dans
toutes les régions et veulent réconcilier la société́ civile avec le secteur
public. Je vous l’ai écrit plus haut, elles sont audacieuses…
Quand agir ?
« Elles ! Les audacieuses », sont comme leur nom l’indique, audacieuses,
et elles vont vite nous dépasser avec Elles ! Sur Scène, Elles ! Échangent,
Elles ! S’inspirent, Elles ! S’engagent. Au programme : un spectacle qui
mettra en lumière des femmes et des paroles de femmes rencontrées en
régions, des masters class pour libérer la parole, des rencontres
institutionnels et associatives, des événements citoyens…
Pour toutes leurs raisons mais plus encore, il nous faut les écouter, les
recevoir, les accompagner et les soutenir. Personnellement, et cela
n’engage que moi, je les aime déjà̀ ! L’homo erectus n’est plus ! Et je veux
être moi aussi une femme comme les autres !
Femmes, je nous aime !!! »

*Sébastien Ménard, 41 ans Biarritz.

Ancien Conseiller ministériel, ancien Auteur-concepteur et
Producteur d’œuvres audiovisuelles, ancien Chargé d’Enseignement
universitaire, engagé politiquement depuis 2000, Sébastien Ménard
est actuellement Conseiller, chargé de la stratégie au sein d’un
moteur de recherche européen.

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