A 26 ans, il veut lancer une expédition de nettoyage des océans!

AAAN 

Aujourd’hui, près de 50 millions de tonnes de déchets polluent nos océans et mettent en danger un grand nombre d’espèces marines.  Pour faire face à ce fléau, Simon Bernard, co-fondateur de Plastic Odyssey, planifie une expédition ayant pour but de recycler les déchets plastiques tout en sensibilisant les populations à une nouvelle économie créatrice d’emploi : le recyclage.

Il faut arrêter de croire qu’on ne peut pas accomplir ses rêves !

Rencontre!

AJASON

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Simon Bernard, co-fondateur de « Plastic Odyssey ». Je suis Officier de la Marine Marchande, et viens tout juste d’être diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime. Pendant mes études, j’ai participé à beaucoup de projets liés à l’environnement. J’ai notamment remporté le prix de l’innovation au concours étudiant « Hydro Contest » dont le but était d’imaginer les bateaux du futur les plus économes en énergie.

Comment est née l’idée « Plastic Odyssey » ?

Je suis parti pendant un an avec « Nomade des mers », une expédition low-tech qui a pour objectif de découvrir les innovations durables autour du monde. Un jour, alors que nous faisions escale à Dakar, j’ai été frappé par la découverte de tonnes de déchets plastiques. Et surtout, par ces gens qui tentaient de survivre au milieu de cet environnement. A partir de ce moment-là, je me suis dit que le seul moyen d’aider ces populations et d’agir pour la protection de l’environnement, c’était de transformer le problème – le plastique – en solution.

Et comment souhaitez-vous transformer ce problème du plastique en ressource ?

Plastic Odyssey, c’est une expédition autour du monde à bord d’un navire-atelier du recyclage. Elle a pour objectifs de sensibiliser à la ressource que peut constituer le plastique et de réduire la présence de déchets dans les océans. Dans ce domaine, de nombreuses technologies existent pour transformer le plastique, par exemple en briques de construction. Nous voudrions particulièrement souligner l’importance de la pyrolyse plastique qui permet de transformer les déchets non-recyclables et les convertir en éco-carburant utilisable dans les moteurs diesel ou essence classique. Ce type de carburant est bien évidemment beaucoup moins polluant que le carburant fossile.

Un kilo de déchets, c’est près d’un litre de carburant pour le bateau. 

 Utilise-t-on déjà les déchets plastiques recyclés comme éco-carburant ?

Ces technologies sont sous-exploitées et très peu connues du grand public. On les utilise peu dans les pays en voie de développement et là se pose le plus gros du problème : ce sont les pays du Sud qui voient leur paysage défiguré et leurs conditions de vie dégradées à cause des déchets plastiques. Il est nécessaire de concevoir une technologie low-cost de recyclage du pastique, accessible à tous, voilà notre premier défi ! Avec Plastic Odyssey nous souhaitons sensibiliser les populations locales à cette low-technologie.

Créer des emplois tout en réduisant la pollution !

 Quand tu parles de sensibilisation, à quoi fais-tu référence ?

L’objectif de notre expédition ne se réduit pas à montrer que nous pouvons réduire la quantité de plastique dans les océans, mais à faire naître des initiatives qui créeront des emplois tout en réduisant la pollution.

Nous allons impliquer les acteurs de la société locale dans la collecte des déchets, et nous mènerons des ateliers afin que ces populations participent à la réflexion sur la mise en place de systèmes de recyclage adaptés à leurs territoires. Il s’agit de les intégrer dans un processus de co-construction et de leur donner les clefs pour qu’ils deviennent acteurs de cette nouvelle économie créatrice d’emplois.

Quelles sont les valeurs que tu souhaites défendre à travers ce projet ?

Il y a trois valeurs que je souhaite défendre. En premier, la protection de l’environnement bien évidemment ! Mais aussi la réduction de la pauvreté, en sensibilisant notamment les populations locales à l’économie du recyclage. Et enfin, je dirais le réalisme. Car il s’agit d’avoir un impact concret sur les populations et l’environnement.

 Quel est ton quotidien chez Plastic Odyssey ?

Nous sommes une équipe de quatre personnes. Je m’occupe des partenariats et de la communication. J’interviens lors de conférences, pour parler du projet, élargir notre réseau et rencontrer les intéressées.

AABASON

Comment s’est constituée votre équipe ? Comment avez-vous mobilisé et mobilisez-vous l’écosystème de Plastic Odyssey ?

De manière assez naturelle. Alexandre, mon co-fondateur était un copain de promotion. Nous avions l’habitude de travailler ensemble. Nous nous sommes donc associés. La force fédératrice du projet nous  a amené les deux autres membres de l’équipe. Bob est plutôt tourné vers les technologies de recyclage, alors que Benjamin se focalise sur les partenariats et financements. Une équipe complémentaire en somme !

Quels sont vos leviers financiers et comment s’est déroulée la levée de fonds ?

On compte sur le mécénat/sponsoring et le soutien de personnalités pour accroitre notre légitimité.

Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez fait face ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le plus difficile, ce n’est pas le développement des technologies. C’est la communication ! C’est trouver les bons mots pour expliquer le projet. Par exemple, je me suis rendu compte que la notion d’éco-carburant posait des problèmes de compréhension, alors il a fallu adapter mon discours, pour être sûr que le public comprenne les enjeux liés au recyclage.

Quel serait l’objectif de Plastic Odyssey  dans les prochaines années ?

A la fin de cette année, nous aimerions conclure des partenariats qui nous permettraient de lever les financements nécessaires pour élaborer le premier bateau-prototype. Mais l’objectif principal de Plastic Odyssey ne s’arrête pas là. Bien au contraire. C’est à partir de là que tout va commencer !

Sur le long-terme, nous espérons installer à terre des systèmes de recyclage dans toutes les villes du monde. Nous voulons démocratiser des technologies low-tech de recyclage du plastique.

Quels seraient les conseils que tu donnerais aux jeunes qui veulent s’engager en montant leur propre projet ?

Ce qui est sûr c’est qu’il faut être passionné et être persuadé qu’on va y arriver ! Je dirais qu’il faut apprendre à bien s’entourer, et à écouter ceux qui te donneront des conseils. Une dernière chose, il est nécessaire de se détacher des personnes qui disent que tu n’y arriveras pas, que c’est trop compliqué et que ton idée ne marchera jamais. Il ne faut pas les écouter ces gens-là ! Il faut foncer !

Selon toi, quelles sont les clefs de réussite ?

La persévérance!

Et puis, les relations humaines. Même si tu as une super idée, si tu n’as pas la fibre sociale, ça risque d’être compliqué. Car il faut savoir trouver des contacts, et fédérer des gens autour de ton projet ! Savoir communiquer, ça c’est une des clefs de la réussite !

Si tu avais un dernier message à faire passer aux jeunes, quel serait-il ?

Arrêter de croire qu’on ne peut accomplir ses rêves ! Autorisez-vous à rêver, ne repoussez pas les échéances et franchissez le pas ! Rien n’est inatteignable, alors lancez-vous !

Pour suivre cette aventure,  c’est ici !

Par Jason Dozier, Service Civique, Youth We Can!

Toute l’équipe de Youth We Can! te remercie vivement pour ces infos et ces conseils. Bon courage pour la suite de l’aventure !

 

 

 

 

2 thoughts on “A 26 ans, il veut lancer une expédition de nettoyage des océans!

  1. Merci pour la qualité de cette rencontre. Notre jeunesse est fantastique et pleine d’ingéniosité et de créativité. Cet engagement est passionnant! Il nous délivre un message positif et prometteur qui nous concerne tous. Merci et félicitations à Plastic Odyssey. Vous êtes notre future.

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