Pietra, la Femme qui Danse

Artiste-citoyenne engagée, le travail et l’énergie de Marie-Claude Pietragalla insufflent un vent de liberté inouï dans l’univers de la création artistique. Rencontre. 

« J’ai toujours senti que j’avais des choses à explorer sur les autres et sur moi-même. »

Danseuse contemporaine à la carrière internationale, elle porte pour autant un regard très humble sur elle-même. À la source de ses créations toujours singulières, celle qui aime se faire appeler Pietra confesse un questionnement permanent. Danser prend alors la forme d’une quête et son travail apparaît comme la possibilité de se rapprocher modestement d’une certaine forme de vérité. Sa soif d’expression l’a poussée à s’émanciper du confort apparent de l’Opéra National de Paris. Osant le luxe d’une liberté si convoitée, Pietra me précise que cette volonté lui coûte cher. L’artiste a cependant su préserver son regard d’enfant, toujours surpris et émerveillé par le mouvement de la vie. Avide de transmettre, de créer et de partager ses passions avec le « plus grand nombre », Pietra me reçoit au Théâtre du Corps pour évoquer l’univers d’une femme qui danse.

PIETRA

Son Patronyme : Pietra « J’aime me faire appeler Pietra. En Corse, ce nom évoque la Pierre Flottante, entre équilibre et déséquilibre. Ce caractère insulaire intimement lié à mes origines est rassurant par sa stabilité et paradoxalement propice à l’ouverture, à la découverte d’horizons nouveaux. J’ai le sentiment d’évoluer constamment entre ciel et terre. »

La création qui parle d’elle : Monsieur et Madame Rêve « À travers Monsieur et Madame Rêve, je deviens une femme qui raconte son époque en plongeant le spectateur dans un monde où les frontières entre le réel et le virtuel s’amenuisent avant de disparaître. C’est aussi une façon de présenter l’univers d’Eugène Ionesco aux enfants. Comme lui, je suis convaincue que si l’imaginaire porte le monde, tout ce dont nous rêvons est réalisable. »

Son lieu de recherche chorégraphique : Le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault « C’est le fruit d’années de recherche et de créations autour de la danse mais aussi de tous les arts. J’envisage la danse comme narrateur de l’inconscient. Si la pensée induit le mouvement, le corps lui, ne trahit jamais la pensée. En tant que créatrice, j’ai toujours senti que j’avais des choses à explorer sur les autres et sur moi-même. Il m’est vital de continuer à développer le travail au sein du Théâtre du Corps, pensé avant tout comme un lieu d’expérimentation et de recherche. »

Le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault, 12 Rue Gustave Nickles, 93170 Bagnolet

Son lieu de prédilection : Musée Rodin, un hommage à Camille Claudel « Libre, frondeuse, effrontée, Camille Claudel est une femme qui m’inspire. Sa sculpture, profondément liée à Rodin, est très sensible, à fleur de peau. D’ailleurs, j’ai l’impression que la peau frémit encore, que les personnages vont se mettre à danser. Le parallèle avec la danse est très fort, il m’a sauté aux yeux tout de suite pour la création de Sakountala en 2002. »

Musée Rodin, 79 rue de Varenne, Paris 7

Sa Madeleine de Proust : Le Palais de Justice « Enfant, mon père m’amenait tous les jeudis voir des procès au Palais de Justice. J’aimais ces moments particulièrement privilégiés avec lui. Je m’imaginais avocate, pour plaider. J’étais fascinée par la mise en scène qui s’opère dans ces lieux de justice. »

Palais de Justice, 10 Boulevard du Palais, Paris 1

Son film : Mystic River « Je dois l’avoir vu six fois ! Pour moi, Clint Eastwood est un réalisateur hors du commun. C’est un film sombre à travers lequel Eastwood s’évertue à mettre en lumière les zones d’ombres qu’il y a en chacun de nous. »

Son livre : Rythmes – Recueil de poésie d’Andrée Chedid « Pour la Tentation d’Ève en 2011, j’ai travaillé sur la poésie d’Andrée Chedid. Ses textes sont d’une grande musicalité. J’explorais alors cet univers complexe de l’éternel féminin en arborant les multiples visages de la femme. La poésie d’Andrée Chedid déclenche une forme, je l’ai donc mise en mouvement. »

Un auteur : Eric-Emmanuel Schmitt « Pour la première fois, je suis montée sur les planches pour interpréter à ses côtés une comédie, L’Élixir d’Amour . Ce spectacle parle de nos ambiguïtés amoureuses, tragiques et comiques à la fois. J’ai aussi eu un véritable coup de cœur pour son roman La Part de L’Autre , une lecture nécessaire. »

L’Élixir d’Amour d’Eric-Emmanuel Schmitt, mise en scène par Steve Suissa.

Sa musique : Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky « Si je n’étais pas une femme qui danse, je serais une femme qui chante ! J’ai depuis toujours une passion pour la musique baroque : Haendel, Bach, Vivaldi mais j’écoute aussi de l’électro pop comme Christine and The Queens. Pourtant, si je devais faire un choix parmi tout ce que j’écoute, ce serait Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky. »

Une mauvaise habitude: Je mange du ketchup avec tout et n’importe quoi!

Une destination: Retourner en Inde pour découvrir le Taj Mahal.

Une échappatoire: Ma maison de campagne dans le Loiret.

Un remède miracle: L’ostéopathie fonctionne à merveille sur moi !

Un lieu: La scène qui est à mes yeux l’un des derniers lieux de rites.

Un mot: Patience

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